Mon allaitement, ce parcours compliqué jusqu'au bonheur

mardi 20 mai 2014


Avant de tomber enceinte, avant même d'y penser, je ne souhaitais pas allaiter. Je ne sais plus qu'elles étaient mes raisons, mais quand j'y pensais, je me disais que ce ne serait pas pour moi. La peur de l’échec, la peur de la douleur, la peur des effets négatifs sur ma poitrine, la peur d'être prisonnière de ce petit bébé, dépendante... Bref, beaucoup de peur.

Et puis, je suis tombée enceinte... J'ai commençais à me dire "pourquoi pas". J'ai fait quelques recherches sur Internet. Je suis vite tomber à un constat. Tout ce qu'on dit sur l'allaitement, sur les effets sur la poitrine, la perte (ou pas) de poids, sur les douleurs, sur comment ça doit se passer et comment ça se passe réellement, tout ça, c'est du vent. Le principe de base est : chaque femme est différente, chaque bébé est différent, donc chaque allaitement aussi ! Je n'ai pas voulu me mettre la pression, j'avais 9 mois pour me décider, j'ai donc décidé de ne plus y penser et de laisser faire le reste.



La décision est venue tout seule, en milieu de grossesse. Je me suis dis que j'allais tenter, et que je verrais bien. J'avais quand même bien envie de faire du mixte. Moitié sein / moitié biberon. Au début, je voulais tirer mon propre lait pour les biberons et finalement...

Finalement, le jour J est arrivé, et ma puce aussi. Malgré ma césarienne, ma puce n'a pas eu à être nourrie au biberon le temps que je me remette, elle a attendu mon retour en chambre. Alors, les sages-femmes me l'ont mise au sein. Et tout est devenu clair. C'était magique ! Elle était si petite, si belle, si douce, si chaude, toute nue contre moi. Nos peaux collés, sa bouche contre mon sein, j'ai pleuré. Un des plus beaux moments de ma vie.


La césarienne nous prive de pas mal de chose au niveau de la naissance même du bébé, la rencontre avec notre enfant est "gâché". Il y a toute une équipe, nous sommes dans un bloc opératoire, on ne voit rien, on ne peut rien faire, juste attendre. Attendre qu'on nous ouvre le ventre.

Mais ce moment là, ce peau à peau pendant que ma puce prenait, pour la toute première de sa vie, et de la mienne, mon sein dans sa bouche, ce moment là a sauvé mon accouchement. Il a effacé le protocole opératoire d'une césarienne, la peur au bloc, les bruits de succions, de sang, la sensation qu'on trifouille dans mon ventre. Il a supprimé la frustration quand je n'ai vu que deux minutes ma puce avant qu'on me l'arrache à nouveau. Il a diminué l'attente de deux heures avant de pouvoir la revoir, la toucher, la sentir, lui parler, la regarder, l'écouter respirer, et la sentir contre moi, contre mon sein... Ce moment est celui auquel je pense en premier quand je repense à mon accouchement. Il efface tous les autres.

Les jours d'après furent plus compliqués. Les douleurs aux tétons firent leur apparition dès le 2ème jour. J'avais pourtant mis de la crème chaque jour pendant mon dernier mois de grossesse, mais ce ne fut pas suffisant. J'en remis aussi entre chaque tété. Mais, dû à la césarienne, mes montées de lait arrivèrent plus tard, ma puce dû insister sur mes seins, très souvent, très longtemps. Et j'eu très mal. La troisième nuit, les sages-femmes me donnèrent un complément alimentaires en biberon à lui donner, parce que je souffrais le martyre. J'ai pleuré, en lui donnant ce minuscule biberon. Je l'ai vécu comme un échec. J'étais seule, dans ma chambre, il était 00h30, j'étais épuisée, cela faisait 3 jours que ma puce réclamait le sein toutes les 30 minutes le soir. Mes douleurs de césarienne étaient au maximum. Et je devais donné un biberon parce que je n'étais pas capable de l'allaiter. C'est ça que je pensais.



Alors qu'en fait ça arrive souvent, surtout suite à une césarienne. Le biberon a permis à ma puce de dormir 3 heures et à mes tétons, recouvert de crème, de se remettre de cette épreuve. Et j'ai pu moi aussi dormir 3 heures ! Et c'était repartie. J'ai eu très mal aux seins pendant mon séjour à la maternité. Les sages-femmes ont essayé de m'aider. Elle m'ont donné des bandes "strip" grasses qui ont bien fonctionnées. Mais je sentais bien que les montées de lait n'étaient pas aussi fortes que ce qu'elles devaient !

A mon retour chez moi, ce fut dur... Ma Puce réclamait toutes les heures, et elle tétait les deux seins à chaque fois, pendant 20 minutes chacun... Pendant trois semaines, j'ai passé mes journées à allaiter. Je n'en pouvais plus. Physiquement, moralement. Ce n'était pas ce à quoi je m'était attendu. Je voulais abandonner. A la base, mon idée était de faire du mixte. D'abord le sein à 100% puis au bout de deux mois, tirer mon lait et le papa aurait pu lui donner les biberons avec mon lait. J'ai vite abandonner le fait de tirer mon lait. Je mettais trop de temps, trop fatiguée pour ça. Et puis... J'ai eu envie de tout arrêter.

Ma puce n'avait que trois semaines. Il était tard, un soir. Une nuit plutôt. je n'en pouvais plus. Et mon homme a prit les choses en main. Il a fait un biberon avec du lait artificiel pour ma puce. Il a lu les instructions, les doses à faire. Il était minuit, il lui a donné son premier biberon, pendant que je pleurais toutes les larmes de mon corps dans notre chambre. J'ai vécu ça comme un échec. Et pourtant ! Elle a dormit 08h sans réclamer une seule fois ! J'ai pu me reposer vraiment pour la première fois ! Malgré les douleurs de la césarienne, malgré les larmes ! Et le lendemain, j'ai pu affronter cette nouvelle journée d'allaitement bien plus sereinement ! On a donc continué ainsi.


La sage-femme qui me suivait, me déconseillait de donner des biberon à ma puce. C'était trop tôt, ça allait interrompre mon allaitement. Elle ne comprenait pas qu'en fait, j'allais arrêter l'allaitement, je n'en pouvais plus. Elle ne me croyait pas. Et ne m'a pas aidée. On a donc suivi nos envies. 

Et ainsi a commencé l'allaitement mixte de notre puce. Elle avait moins d'un mois. Je lui donnais le sein en journée, et mon homme un biberon à minuit. Quelques semaines après, nous avons intégré un autre biberon vers 12h. Ensuite, mon homme est parti à Djibouti, fin janvier. Elle avait deux mois. Je suis restée seule avec elle trois semaines à devoir en même temps déménager notre logement ! J'ai donc mis en place un biberon entre chaque tété. Le rythme a bien tenu, mon lait était encore bien présent, et ma puce était sereine, reposée. Moi aussi ! A mon arrivée à Djibouti, elle avait presque 3 mois, et son rythme a changé. Elle a eu moins besoin de manger en journée. Il y a eu quelques semaines chaotiques où je ne savais plus quand donner le sein et quand donner un biberon. Et puis, nous nous sommes calés toutes les deux. Avec deux tétés par jour, une à son réveil le matin, une autre à son coucher le soir. Et entre les deux tétés, que des biberons (4 puis 3). Et voilà ! C'était parfait, c'était notre allaitement, serein et parfait pour elle & moi.

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est que cet allaitement vient de prendre fin. Il y a quelques jours, deux semaines presque, ma puce a décidé de ne plus prendre le sein. Enfin si, mais elle jouait avec. J'ai résisté un peu, puis sous les conseils de la pédiatre, j'ai suivi sa décision.

J'ai pu allaiter ma puce presque 6 mois. 6 mois de bonheur, de câlins. Malgré un début difficile et douloureux, nous avons trouvé notre rythme, notre allaitement. Celui fait pour toutes les deux. Et pour ça, je suis heureuse, fière, et comblée. Pendant quelques jours, suite à l'arrêt de cet allaitement, je fut triste. J'ai pleuré. Mais, d'habitude, c'est la maman qui prend la décision de stopper un allaitement, et le bébé souffre de ce sevrage forcé. Là, ce fut mon cas, c'est moi qui fut sevrée par ma fille. Et je préfère que ce soit ainsi.

Je me permets donc un conseil. Nous sommes toutes différentes, et les gens auront beau essayer de vous aider, ou de vous mener sur le chemin qu'ils veuillent que vous suiviez...


Un seul avis compte : LE VOTRE !

L'allaitement c'est bon pour le bébé bien sûr, on est tous d'accord là-dessus. Mais le plus important pour un bébé, ce n'est pas le lait de sa maman. C'est une maman sereine, reposée, et apte à s'occuper de lui toute une journée, et la nuit aussi, sans craquer, sans péter un plomb quoi ! Et mon allaitement mixte m'a permit cela. Il m'a permit de donner le sein à mon bébé, tout en lui donnant des biberons, et ainsi être sereine et reposer pour elle !

7 commentaires :

  1. Ça me fait penser à un passage du livre que je lis en ce moment : Le langage des fleurs de Vanessa Diffenbaugh où l'auteure nous parle de l'allaitement.

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    1. Je ne connais pas ce livre ! Merci tout cas.

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  2. Je me retrouve dans ton récit, j'ai aussi eu une césa ... mais nous avons quand même réussi notre rencontre. Quand à l'allaitement mixte c'était ça ou l'arrêt de l allaitement je suis contente de ce "compromis' qui nous convient à toutes les deux, on ne sait jamais si on fait bien ou pas, j essaie de m écouter et de l écouter ! Très joli récit, merci pour ce partage

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    1. De rien c'est avec plaisir. En lisant ton message j'ai senti qu'on était passée par les mêmes épreuves. Jai été mal aidé par les sages femmes. Avec une césarienne les montées de lait viennent plus tard et c'est douloureux. Comme toi le mixte a sauvé mon allaitement. Les debuts sont durs. J'ai bien mis plusieurs mois à trouver mon rythme entre sein et biberon avec ma puce. Si tu as besoin de conseil je peux t'aider ya aucun soucis.

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    2. Merci! Je n'hesiterai pas à revenir vers toi, merci

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  3. Je passe suite à ton petit mot sur mon blog ! Merci pour cet article, c'est très déculpabilisant même si je sais que je suis loin d'être seule dans ce cas.
    Beaucoup de points en commun sinon en te lisant :) !!

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    1. Oui j'ai remarqué nos points en commun en te lisant aussi, la césarienne, l'allaitement difficile... C'est le soucis, dans ces moments là, on se sent très seul alors qu'en fait nous sommes des millions de femmes à passer par là ! Je me souviens du premier biberon donné à ma fille, un complément parce que mes montées de lait n'arrivaient pas, comme pour ton fils, au troisième jour de sa vie, j'en ai pleuré en lui donnant... Le deuxième c'était à la maison, à minuit un soir. Mon mari lui donne, et moi je pleure parce que j'ai le sentiment d'être une très mauvaise mère, incapable de nourrir son bébé au sein. Et en fait ce biberon a sauvé mon allaitement, il est devenu régulier, tous les soirs à minuit, et ainsi de suite...
      Je te souhaite beaucoup de courage, et n'hésites pas à revenir par ici pour qu'on en parle ! ;-)

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