Une césarienne ? La chance !

vendredi 27 juin 2014

Ça fait plusieurs mois que cet article repose dans ma tête. Puis, en surfant (ouai, je suis trop sportive, laisse tomber...) sur la toile, je suis tombée par-ci, par-là, sur des articles concernant la césarienne. Tantôt sympa, tantôt moins sympa... Il y a quelques jours, je lisais celui chez Mademoiselle Mummy. Et, aujourd'hui, j'ai lu cet article très très bien fait chez Papa Panique puis j'ai lu aussi celui là chez 4 enfants 2 bras.

Ces trois articles vont dans mon sens, donc j'approuve ! Et surtout, ils sont bien écrits et je me suis retrouvée dans chacun d'eux. J'vous explique...



J'ai une sorte de malformation dans mon intimité très intime (oui...) dont je ne parlerais pas plus car c'est vraiment intime (tu comprends, là, que c'est perso le truc ?). Du coup, avant même de tomber enceinte, je me doutais que le parfait accouchement par voie basse ce ne serait surement pas pour moi. Mais, j'y croyais, quand même... Puis, je suis tombée enceinte, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrr une chirurgienne experte dans ma malformation pourtant rare, et elle me l'a confirmé : CÉSARIENNE OBLIGATOIRE

... Au début, j'ai été soulagée. Parce que l'accouchement par voie basse comporte trop de risques pour moi, pour ma vie, oui carrément sans rire. Du coup, des risques aussi pour le bébé. Donc, premier réflexe suite à cette annonce, du soulagement. Mais ça n'a duré que quelques jours. Car ensuite, il a fallu faire le deuil du vrai accouchement

Car la césarienne obligatoire pour cette grossesse, s'étend aussi, dans mon cas, à toutes mes possibles & futures grossesses. Je ne vivrais JAMAIS (et c'est du 100%) un accouchement par voie basse. Là, quand j'ai réalisé cela, j'ai eu mal. 

Ma grossesse a suivi son cours normal. Au fur et à mesure, nous avons annoncé à la famille, à nos amis, que nous attendions un bébé. Et forcément, les gens, surtout les femmes, ont commence à me dire "Ha tu verras pour ton accouchement, ceci, cela...péridurale...contraction...blablabla...faut pousser...blabla...épisiotomie". Au début, je ne disais rien et puis, comme ça me faisait mal, j'ai commencé à dire "Non mais moi ce sera par césarienne programmé." . Je n'ai pas commencé à dire ça pour rabatte le claquet à mes interlocutrices, ou pour rentrer dans une polémique. Non, c'était pour échanger justement, avoir leur avis, et aussi ne plus souffrir d'avoir tant de détail sur un accouchement que je ne vivrais jamais. J'ai aussi commencé à "avouer" cette future césarienne comme pour m'y habituer moi-même, ne plus en avoir honte.

A partir de ce moment, j'ai eu le droit à toutes sortes de réactions. Mes vraies amies, elles sont parfaites. Donc elles ont compatis. Puis m'ont rassuré. Enfin, elles ont essayé. Et surtout elles m'ont écouté.

Les autres... Que ce soit des "amies", des gens de la famille, je fut parfois choqué. Tellement de réflexions à la con, tellement surprenantes que je vous écris là en face que j'aurais pu répondre, mais ce que je n'ai jamais dit. Pour ne pas m'embrouiller surtout.

"Par césarienne ? Ha mais quelle chance, tu ne vas pas souffrir !"  => En fait, pour ton info, j'ai souffert ensuite pendant un mois et demi. J'ai eu un hématome autour de ma cicatrice, douloureux effet secondaire... J'ai dû souffrir à chacun de mes premiers pas, à chaque respiration, éternuement, rire... On m'a coupé le bide, les abdos, l'utérus. Donc en effet, non, je n'ai pas souffert physiquement le jour J. Mais alors les 40 jours suivants, là, je me suis bien rattrapée !

"Non mais tu ne te rends pas compte, nous c'était sans péridurale, on souffrait le martyre le jour J" => Moi, le jour J, on m'a emmené dans un bloc opératoire, presqu'à poil, on m'a fait une rachi-anesthésie en me faisant une piqûre douloureuse dans le dos. J'étais à jeun depuis la veille, j'avais froid, faim, j'étais épuisée, et stressée. Et je ne savais toujours pas si mon mari pouvait être présent. J'étais seule.

"Une césarienne, c'est top ! Ton bébé va naître sereinement, toi tu seras détendu, c'est l'accouchement rêvé !" => Ha. Lors de ce parfait accouchement, je ne sentais plus mes jambes à cause de l’anesthésie, on me disait que c'était temporaire mais mine de rien j'étais stressée. Et je ne sentais aucune douleur mais j'ai ressenti tout ce qu'il se passait. Le gynéco qui coupe ma peau, qui farfouille dans mes tripes, la sage-femme qui pousse sur mon ventre pour sortir mon bébé. J'entendais des voix basses, des cling et des clang des outils sur la table d'opération. J'entendais aussi le sang être aspiré. Et surtout, ça a duré tellement longtemps qu'à force je me demandais si mon bébé était encore en vie. Au bout de 30 minutes, j'ai enfin entendu son premier cri. Mais SANS LA VOIR !!! Il a fallu encore attendre 3 minutes avant que je puisse voir sa bouille emmaillotée dans une lange. J'ai pu lui faire un bisous, lui dire deux mots. Puis on me l'a à nouveau arraché. Pas de peau à peau pour moi. Pas de contact, pas d'instant magique de rencontre. Non. Et il a fallu ensuite attendre 2 heures pour que je revois ma fille, mon enfant, mon bébé. Deux longues heures sans savoir si elle allait bien, si mon mari était bien avec elle. Deux longues heures sans savoir si j'allais bien pouvoir lui donner sa première tété ou si, en plus de foirer mon accouchement, cette césarienne n'allait pas aussi foirer mon allaitement.

"Il faudrait qu'ils te déclenchent l'accouchement juste avant, que tu sentes des contractions pour faire comme si tu mettais vraiment au monde ta fille" => Connasse.

Je n'ai pas répondu tout ça à ces femmes. Dans ma tête oui, mais pas à haute voix. Pour ne pas froisser, pour ne pas rentrer dans la polémique. Et surtout parce que, contrairement à elle, n'ayant pas vécu d'accouchement par voie basse, j'ai préféré ne pas m'avancer ni argumenter sur quelque chose que je ne connais pas. Contrairement à elles, oui. Car elles, elles ne se gênent pas pour juger une césarienne, une opération chirurgicale, qu'elles n'ont jamais jamais vécu !

Il y a les césariennes programmées, à cause d'une pathologie quelconque. Il y a les césariennes d'urgence, que je trouve bien pire d'ailleurs car on n'a pas le temps de s'y préparer. Mais peu importe la césarienne, dans tous les cas, nous n'avons pas le choix. C'est ainsi, on ne décide pas. A un moment ou à un autre, notre vie, celle du bébé, est en danger. Et au lieu de vivre cet accouchement parfait par voie basse que la plupart des femmes vivent, nous on nous ouvre le ventre, on coupe notre chair, pour extirper de nos tripes notre bébé. il sera vivant. Nous aussi. C'est tout ce qui compte, oui. Mais comme le dit une commentatrice (Alice) de l'article chez 4 enfants 2 bras : "ÇA RESTERA TOUJOURS UN CHAGRIN DE NE PAS AVOIR ACCOUCHÉ PAR VOIE BASSE."

J'ai souffert de cet accouchement. Physiquement, mais on s'en remet. Mais, surtout, moralement. Quelques personnes m'ayant fait ces remarques, en me voyant juste après mon accouchement, ce sont rendu compte de leur erreur. Je ne pouvais pas me lever pour prendre mon bébé dans mes bras à chacun de ses pleurs. J'ai dû attendre trois jours pour pouvoir lui donner le bain, lui changer une couche, l'habiller dans les vêtements que j'avais choisis pour elle. Je ne pouvais pas aller au toilettes, j'avais une sonde. Ni me nourrir correctement, il a fallu attendre pour ça aussi. Ni me laver, ou m'habiller. Certaines de ces personnes l'ont vu. Mais il n'y a pas eu de mots, de reconnaissance, ni d'excuses. Ça se voyait dans leurs regards, c'est tout.

Vivre une césarienne obligatoire, c'est douloureux. Mais le jugement des autres femmes est bien pire ! Là où on aurait besoin de soutien, de compassion, d'écoute, on reçoit du jugement, des reproches, de la médisance et du mépris. Dans mon cas, ça me bloque même pour une autre éventuelle grossesse. Devoir revivre ça, la césarienne, l'opération, les jugements mais surtout le manque de cet accouchement par voie basse... Mine de rien, au fond de moi, c'est comme un échec.

Alors, pour conclure ce pavé d'une longueur insoutenable, je dirais deux choses :

La césarienne dite "de confort" ne devrait pas exister. Si tu as le choix, choisis l'accouchement par voie basse. Parce que c'est un moment magique que toutes femmes devraient vivre.

Et si tu as accouché par voie basse, ne juge pas celle qui n'a pas pu le faire. Soutiens la, comme elle te soutiendra pour ton épisiotomie, pour la péridurale qui n'a pas fonctionné, ou tout autre souffrance que tu as vécu lors de ton accouchement.

Et, dans cet article, vu que toutes les césariennes se ressemblent, il y a peut-être certaines phrases qui peuvent rappeler les trois articles que j'ai lu à ce sujet. Ce n'est pas dans un esprit de pomper les idées ou quoique ce soit d'autres. Juste, ma souffrance ressemble à celles des autres. Donc, forcément, certaines idées ont les mêmes mots. Tout simplement. Encore merci à Papa Panique4 enfants et 2 bras et Mademoiselle Mummy. Car leurs articles m'ont poussé à écrire le mien, et ça m'aide beaucoup. Même si je verse une petite larme sur ce point final.

Et à celles ou ceux qui arrivent jusqu'ici : merci !


8 commentaires :

  1. Très touchant ton article. J'ai eu moi aussi une césarienne, mais d'urgence. J'en ai beaucoup souffert les premières semaines autant physiquement que moralement. J'ai aussi eu droit à des remarques débiles du genre " cool t'as eu une cesarienne ça a du être vachement plus pratique" ou bien " ah bon ça fait mal ça???" ... bref les gens sont parfois idiots. Trop choupette la bouille de ta fille en tout cas.

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    1. Merci Fafa ! Et je trouve qu'une césarienne par urgence c'est pire, car tu ne t'y attends pas. Moi, j'ai eu le temps d'y penser, de m'y préparer. Et ce que j'ai oublié d'écrire c'est que j'ai eu la chance d'avoir un demi-court de préparation à l'accouchement sur la césarienne. Parce que je ne voulais pas être rpésente à celui sur voie basse et ils se sont trompé dans les dates et j'y étais par erreur, ça m'a bien fait chier... Les gens sont idiots et ne se rendent pas compte du mal qu'ils font par de simples mots ! Merci en tout cas d'être venu ici !

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  2. pour ma première une césarienne, un siège après terme donc pas de déclenchement.
    je suis restée 4h sans ma fille ça m'a traumatisé.
    pour ma seconde grossesse j'étais préparée à une autre césarienne, j'ai donc harcelé la maternité pour que l'on m'amène ma fille au plus tôt. Finalement cela c'est fait par voie basse.
    Même si on morfle après la césarienne, ce n'est pas ce qui m'a le plus gênée, mais bien cette absence de quelques heures qui 10 ans après est toujours bien présente dans ma mémoire.

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    1. Oui le temps d'attente est très traumatisant... Je ne suis restée que deux heures ou 2h30 séparée d'elle et ce fut le moment le plus horrible de toute ma vie. Je savais qu'elle était avec mon mari, enfin c'était ce qui était prévu mais je n'avais pas de certitude. Mais je n'en pouvais plus. J'avais vu ses petits cheveux roux, je n'en revenait pas, j'avais vu ses yeux de la même couleur que les miens, j'avais juste pu lui faire un bisou, même pas pu la prendre contre moi... Quand je suis arrivée dans la chambre, j'étais folle ! Je ne voulais plus la lâcher ! Et oui, ce que je retiens maintenant, ce n'est pas la douleur, mais bien ce manque, ces heures à attendre, ce bloc opératoire, comme une rencontre ratée.

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  3. Césarienne d'urgence pour moi aussi (bébé en siège qui ne descendait pas). Même si je savais que cela pouvait arriver, cela a été dur. Surtout que je n'ai pas pu embrasser ma fille, ni voir son visage, juste son sexe ! (nous ne connaissions pas le sexe du bébé avant la naissance). J'ai pu l'apercevoir 10 minutes, dans une couveuse, dans la salle en attendant de récupérer mes jambes. Puis il m'a fallut attendre 3 heures pour pouvoir la toucher, la sentir, lui donner le sein.
    Ma fille a aujourd'hui presque 5 mois et c'est toujours une douleur de n'avoir pas accouché par voie basse, d'avoir cette cicatrice. Et j'en ai marre d'entendre les gens me dire que le plus important est que j'ai ma fille. Oui bien sûr, mais j'ai le droit d'être frustrée !! Et ça apparemment c'est difficile à comprendre... Bref !

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    1. Il y a certaines épreuves de la vie qu'on ne peux comprendre qu'en les vivant soi-même. La césarienne d'urgence a même ce petit truc en plus qui fait que tu ne peux pas t'y préparer. La mienne, pour soucis de santé connu, était programmée et j'ai pu m'y faire même si au final c'est dur quand même. Toi, il te manque la préparation. Alors la suite est plus difficile. Oui le principal reste que ta fille est en bonne santé grâce à cette césarienne d'urgence. Mais le "deuil" de l'accouchement parfait reste le même, et le chemin est long.

      Pour tout te dire, il m'a fallu 12 mois pour ne plus repenser négativement à mon accouchement. 12 mois pour ne garder que le positif. Et encore maintenant (18 mois après), quand je repense à la longue attente de 2 heures avant de pouvoir voir et toucher ma fille, j'ai une boule au ventre.

      Mais ça ne me bloque pu comme avant.

      Courage, le temps apaisera ta douleur et tes regrets.

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  4. Je découvre ton article et je te comprends! Comme quoi il aide certainement des personnes dans la même situation car plein de gens viennent lire mon article en passant par le tien, merci pour le partage :-) Une césarienne ce n'est jamais sympa! J'espére que depuis lors tu as pu en "guérir" un peu moralement. Le coup de te laisser 2 heures sans nouvelles de ton bébé c'est juste affreux! J'avais la chance d'avoir une gentille infirmière qui appelait à l'étage où se trouvaient mes trésors pour me dire si tout allait bien. Ca me semble être le minimum! Je ne sais pas si tu as eu l'occasion de lire un autre article ou je raconte un truc absolument affreux qui a découlé de la césarienne! Des infirmières moins sympas m'ont fait "payer" cette césarienne programmée en étant complètement irrespectueuses de ma douleur, en me disant des phrases culpabilisantes et en me privant de mon allaitement. Juste fou! Les blogs ont cette force en tout cas de pouvoir libérer nos sentiments et faire partager notre expérience pour qu'elle serve a d'autres. Bonne continuation :-)

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire ici ! Ton article m'avait beaucoup aidé à l'époque. Je vais mieux à ce sujet. Il m'a fallut 6 mois pour ne plus faire de cauchemars, et 6 autres mois pour ne plus repousser systématiquement une future grossesse. Dans mon cas, c'est médical, la césarienne restera obligatoire. Donc je ne suis pas encore prête à remettre ça,mais pourquoi pas...un jour...! ;-) Je vais aller lire ton autre article !

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