Un an d'amour inconditionnel

mardi 25 novembre 2014

Il y a un an, j'étais à l'hôpital depuis la veille.

Je venais de passer un 8ème mois de grossesse horriblement long. On m'avait diagnostiqué de l'hyper-tension. J'ai frôlé trois fois la pré-éclampsie, j'ai donc été hospitalisé à trois reprises pour 3/4 jours à chaque fois. Je suppliais presque mon gynécologue d'avancer ma césarienne ! Je voulais qu'il sorte mon bébé de mon ventre, je la sentais en danger, comme sur un fil. Je ne voulais prendre aucun risque, cette attente, ce suspense, ces séjours à l'hôpital, tout ça c'était interminable, un vrai supplice.

Mais mon gynéco m'a tenu tête, il essayait de trouver le juste milieu entre le moment où ma puce serait assez forte pour vivre en dehors de mon bidon, et le moment où elle serait trop en danger en restant dans mon bidon... 

Au final, ma césarienne fut avancée d'une semaine par rapport à la date prévue.


Donc, il y a un an, je me réveillais bien avant que les sage-femmes viennent me préparer dans ma chambre. J'ai passé de longues heures, les mains posées sur mon ventre, à parler à ma puce. Je l'ai rassurée, je lui ai expliqué ce qui allait se passer. Que, bientôt, dans quelques heures, nous pourrons nous rencontrer, nous voir, nous sentir, nous toucher. Elle me répondait à sa façon, en donnant de petits coups dans mon ventre. J'ai adoré ce moment. Ainsi, j'ai réussit à me calmer. Du moins, pour un petit instant. 

Après, mon mari est arrivé, tout c'est enchaîné. La préparation, le bloc,... Je ne vais pas revenir sur le récit de ma césarienne. J'en parle déjà ici et .

Car le plus important, aujourd'hui, c'est qu'il y a un an, jour pour jour & heure pour heure, j'entendais le premier cri de ma puce.

L'équipe s'active derrière le drap blanc, je tiens fermement la main de mon mari. On s'impatiente, on se regarde, on se soutient. Et soudain, on sait que c'est bon. Je le sens, quelque chose n'est plus là, mon corps est comme vide. Je lui dis "c'est bon, ils l'ont sortie". On ne se lâche plus des yeux, on se fixe, on ne parle plus, pas un mot, pas un souffle. Nos cœurs s'arrêtent. On attend.

Et on entend son cri. Le premier. Mon mari a les yeux humides. Moi, pourtant très émotive, je me retiens. C'est différent, plus profond. Quelque chose qu'aucune larme ne peut traduire

Une sage-femme la nettoie. On ne la voit toujours pas, mais on l'entend pleurer. Mon mari dit "C'est long !" Moi, si je pouvais, je taperais du pied ! Heureusement, ils sont sous anesthésie.

Et là, une sage-femme dont je n'oublierais jamais le nom ni le visage, Aline, une blonde aux yeux doux, s'approche de nous avec, dans les bras, un petit paquet qui pleure. Elle sourit, d'un sourire immense et communicatif. Léa, notre fille, est emballée dans une lange blanche, et elle porte un bonnet. Aline approche Léa de mon visage, entre mon mari et moi, et notre bébé arrête de pleurer.

C'est comme si le bloc opératoire n'existe pas. Comme si tout les bruits, derrière le grand drap blanc, se sont arrêtés. Je ne vois plus rien. Plus rien, sauf elle.

Elle me regarde de ses grands yeux bleus ! Je souffle "Elle a les yeux bleus" !

Aline nous dit "Voici votre fille" mais surtout, dans un petit rire joyeux, elle dit "Regardez ses cheveux". Elle soulève le petit bonnet de quelques centimètres sur le crâne de Léa. Et là, nous voyons de beaux cheveux déjà bien long qui lui tombe sur le front. Des cheveux qui ressemble aux feuilles en automne, c'est à ça que je pense. Ma saison préférée.

"Elle a les cheveux roux !

Elle est magnifique. C'est notre fille. Elle est née il y a un an. Un an aujourd'hui.

Un an que nous la voyons grandir. Que nous la consolons quand elle pleure. Que nous rions avec elle quand elle rit. Que nous parlons avec elle quand elle parle. Que nous lui sourions quand elle nous sourit. 

Un an que, pour la rassurer, je n'ai pu à lui parler à travers mon corps. Je peux la prendre dans mes bras, lui caresser ses cheveux roux et lui parler, de vive-voix. Et elle me regarde de ses grands yeux bleus. Elle pose sa tête contre ma poitrine et joue avec une mèche de mes cheveux. Et dans ces moments là, j'ai vraiment envie de pleurer. Car c'est un moment rien qu'à nous. Sans bloc opératoire, sans toute une équipe hospitalière. Il n'y a qu'elle & moi, nos regards encrés l'un à l'autre, nos corps dissociés mais plus proche que jamais.

Et j'ai envie de pleurer car c'est de l'amour pur.

Un an de passé. Sa première année. Et pourtant, c'est comme si elle avait toujours été là. Je ne me souviens pas d'avant elle. Comment c'était, sans elle ? Quand elle n'existait pas, qu'on ne la connaissait pas, qu'on ne l'attendait même pas encore ? Je ne me souviens pas. C'est comme si mon premier souvenir était ce jour où je l'ai vu pour la toute première fois, il y a un an.


Le 25 novembre 2013, elle illumine nos vies.

1 mois
2 mois
3 mois
4 mois

1 mois, elle fête Noël avec nous & le jour de l'An.
2 mois, elle m'offre son premier sourire & m'aide à faire les cartons.
3 mois, elle découvre Djibouti.
4 mois, elle se retourne seule sur le ventre & sur le dos, et éclate de rire.

5 mois
6 mois
7 mois
8 mois

5 mois, elle se redresse sur ses bras, passe son temps sur le ventre et boucle des cheveux.
6 mois, elle tient assise, arrête le sein et découvre les purées & compotes.
7 mois, elle s'assoit, découvre le 4 pattes, se met debout et marche en s'accrochant aux meubles.
8 mois, elle visite la France, se baigne dans une grande piscine, fait des sourires par centaine et des câlins aussi.

9 mois
10 mois
11 mois
12 mois

9 mois, elle s'entraîne à marcher en poussant son chariot Tomy, trotte à genoux, a peur des inconnus et me colle comme un petit pot de glu.
10 mois, elle a sa première dent, visite l’Éthiopie, et se balade partout dans la maison à 4 pattes.
11 mois, elle a sa deuxième dent, puis la troisième puis la quatrième. Elle fait quelques pas seule sans se tenir.
A 12 mois, elle marche, et souffle sa première bougie.



Déjà un an d'écoulé depuis sa naissance.

J’apprends chaque jour à être une maman. 
Il apprend, lui aussi, à être un papa. 
Ma Doudou, elle, a déjà prit 5 fois l'avion.

Oui, déjà un an, et encore tant d'amour à lui offrir, tant de choses à découvrir, beaucoup d'autres à partager. 

Je dis souvent à mon mari, que l'amour d'un bébé c'est pur & innocent. Un bébé, ça aime à la folie dès le premier instant. C'est inconditionnel, l'amour d'un bébé. Comme s'il n'avait pas le choix. C'est comme ça, il t'aime, un point c'est tout. 

Le mien, pour elle, est comme ça aussi. Tout aussi fort, tout aussi viscéral. Cet amour il vient de mes tripes, du plus profond de moi-même. Je ne pensais même pas contenir tout cet amour en moi. Rien ne pourra le changer, c'est comme ça que je le ressens. Rien ne peut être plus fort que cet amour. Inconditionnel, c'est bien le mot.

Je ne l'aime pas à la folie, ni passionnément, ni beaucoup. Ni même un peu.

Je l'aime inconditionnellement

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