Un an à Djibouti

lundi 16 février 2015

Le 16 février 2014, après 07h00 de vol, mon avion atterri sur le sol djiboutien. Il est environ 07h30 du matin, heure locale.

Je viens de passer 3 semaines à organiser notre déménagement en France, seule, avec un bébé, mignon et roux, de 2 mois. Je ne sais pas encore comment j'ai réussit. Emballer, faire des cartons, trier ce qui doit être jeté. Mettre le plus urgent en cantine pour l'avion. Mettre de côté le reste pour la caisse en bateau, qui arrivera donc plus tard. Essayer de visualiser tout ça par rapport à l'âge de la Doudou, le bébé roux, hein. Tout en lavant du linge de bébé, en changeant des couches, en alternant entre le sein et le biberon, en berçant des heures un petit bébé qui a grandement besoin de moi. Seule. Paniquer, stresser, perdre espoir. Retrouver espoir, en faisant des cartons entre 02h et 05h du matin parce qu'au final, c'est plus simple.

Bref, il y a un an, ce 16 février, je suis épuisée, cassée, vidée de toute énergie. Et aussi, je suis chargée comme un âne. Un sac à dos plein à craquer, un sac à langer dans le même état. Un manteau d'hiver qui m'encombre et ne me servira plus pendant un moment. Un bébé en porte-bébé contre mon ventre. Et deux valises qui m'attendent en soute.

Et j'atterris enfin à Djibouti.
Les portes s'ouvrent. On pourrait s'attendre à devoir traverser un long couloir ventousé à l'avion pour rejoindre le hall. Mais non, ici c'est comme en Algérie, à peine les portes de l'avion ouverte, l'air chaud nous assomme. Il fait 30 degrés, contre -5 en France à cette époque. J'ai chaud, très chaud.Je vois le bébé roux, collé à moi, qui se décompose. Je tangue, et doucement, très doucement, je descend l'escalier qui mène au goudron du parking. Je m’emmêle un peu les pieds, puisque je ne les vois pas, rapport au bébé roux. Mais j'arrive en bas. Ma Doudou, qui avait les yeux grands ouverts en haut de l'escalier, dort. La chaleur, ça n'assomme pas que moi.

Maintenant, je traverse le parking. L'air est moite, j'ai l'impression que mon corps aspire mes habits. Je respire comme un bœuf, je transpire comme dans un sauna. Ensuite, vient une longue attente pour vérification des passeports. Les gens parlent fort, se bousculent, moi je comate. J'ai mal au dos, j'ai beaucoup trop chaud, et le bébé se réveille. Je n'ai pas une goutte d'eau à lui donner. Zut. Je passe enfin, passeport OK ! Ça tombe bien, je n'avais pas l'intention de faire demi-tour. Ensuite, autre longue attente pour le visa. Le bébé s'agite, commence à chouiner, et hurle pour de bon. Bien fort, il hurle à plein poumons. Si bien qu'un gars décide de me faire passer en premier pour le Visa. Trop bien, merci bébé roux.

Après, tout s’enchaîne, je récupère les deux grosses valises de 23 kilos chacune, je retrouve mon homme. Effusion de joie et d'émotions, après presqu'un mois de séparation.

Et la vie reprend son cours, enfin !!!

Les deux premiers mois sont durs. Je découvre un nouveau pays bien différent du notre, tout en apprenant mon nouveau rôle de maman. Je dois faire fasse à des difficultés inexistante en France. Comme l'eau froide à tous les robinets, et donc devoir faire chauffer, chaque soir, deux marmites d'eau, pour le bain du bébé. Devoir apprendre à maîtriser climatisations et ventilateurs pour que le bébé n'est pas trop chaud la nuit. Pyjama, body, gigoteuse ? Ou à poil ? Grande question qui ne trouvera une réponse que plusieurs mois plus tard après de nombreux essais et échecs. Se battre chaque jour avec les moustiques. Perdre, souvent. Galérer à trouver du lait AR. Ne pas en trouver, et voir le retour des régurgitations. Devoir faire dormir le bébé au milieu d'un grand lit de place, le temps que ses affaires arrivent. Vérifier 10 fois par nuit qu'elle n'est pas tombée. L'entourer de coussins et autres traversins.



Se sentir seule, beaucoup. Beaucoup trop.

Deux mois après mon arrivée, je commence à refaire surface. Certaines affaires sont déjà arrivé, les autres ne tarderont plus trop. Je m'habitue aux difficultés du pays. Et je trouve mon rythme avec le bébé. L'allaitement mixte est bien en place, elle a 4 mois. Elle fait de belles nuits, elle trouve un rythme régulier de siestes en journée. Et j'arrive enfin à communiquer avec Hawa, la femme de ménage & nounou.

Je peux découvrir le pays. Du sable, partout, sur les trottoirs, sur les routes, sur les remblais derrière chez nous. Des cailloux aussi. Pas mal de mendiants, de familles entières qui vivent sur des bouts de cartons posé à même le sol, entre un hangar et un trottoir. Mais surtout, des gens hyper gentils et accueillant. Toujours à vouloir aider. A vouloir discuter, faire connaissance. Un "bonjour" par-ci, un "ça va" par-là, un coup de main entre-temps. La routine s'installe, je découvre les magasins d'alimentation, peu nombreux, mais bien fournit. Sauf pendant les ruptures de stock qui s'avère nombreuses et régulières. Je m'adapte aux produits pour bébé présents ici, en oubliant ce que j'avais prévu d'utiliser pour ma Doudou. Tant pis. Je fais quelques connaissances. Des gens d'une autre entreprise, qui deviennent des amis. La pédiatre, qui s'avère géniale, d'une grande écoute et d'une aide très précieuse.



Se sentir moins seule, vraiment. Et se sentir bien.

La vie s'installe, avec une nouvelle routine, d'autres habitudes.

Après un an de vie à Djibouti, je ne veux plus en partir.

Je sais pourtant qu'il le faudra. Bien sûr, certaines choses agacent. L'éloignement de la famille & des amis. Les coupures d'électricité, ou d'eau. L'impossibilité de régler la température de l'eau. Le sable qui s'insinue partout. Le manque de confort par certain côté. Le manque d'activité aussi, de sortie, de loisirs. Mais, on s'y sent bien, on a construit notre nid, et je le trouve douillet, notre nid. Nous avons réussit à meubler notre maison avec ce qu'on a pu trouver, et un peu aussi avec nos affaires. La chambre de Doudou reste la meilleure pièce de la maison. 



C'est ça, aussi, être expatrié. Tomber amoureux d'un pays dont on ignorait l’existence il y a encore quelques temps. Tomber amoureux de son peuple, de ses habitudes de vie. Tomber amoureux d'une vie pourtant à l'opposé de ce dont nous avions l'habitude. 

Aujourd'hui, ça fait un an. Un an de vie à Djibouti. Il y a encore 10 mois à y faire, sur le papier. Mais j'aimerais qu'on y reste un peu plus. Vraiment. Alors je croise les doigts.



14 commentaires :

  1. on dirait que mon commentaire a disparu.... zut... bon pour résumer... Ton teste est très joli. les bagages, l'aéroport, la chaleur étouffante, ça me rappelle tellement de souvenirs ! Même si j'habitais déjà à Dakar, la température de l'eau, le réglage de la clim, les ruptures de stock dans les magasins ont été très pesant aussi à l'arrivée de bébé... alors que je n'y prêté pas beaucoup attention avant... J'espère que vous pourrez prolonger votre séjour... mais sache que les départs sont durs aussi pour ceux qui restent, je me fais des amis et ils partent tous les uns après les autres car eux sont à durée déterminée dans le pays, alors que moi je suis "mariée" à ce pays.......

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    1. Tout à fait d'accord, les départs sont durs pour tout le monde. Déjà quand nous avons quitté l'Algérie, en sachant que les gens côtoyé pendant 1 an et demi nous ne les reverrons sans doute jamais, ce fut dur... Maintenant avec le bébé c'est encore pire, les gens s'attachent beaucoup à elle, notre nounou, l'entourage, les amis de passages... Et oui les ruptures de stock avec un bébé c'est galère, pour le lait AR j'étais scotchée je ne savais pas comment faire et d'ailleurs, depuis avril dernier, il y en a toujours pas ! Mais bon maintenant je n'en ai plus besoin. Souvent, ce sont les couches, obligé de fouiller partout, de prendre de la sous-sous-sous marques qui fuit de partout mdr ! Ou des plus grande taille aussi. Bref ! Merci pour ton commentaire !!!

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  2. Merci pour ce retour d'experience, tes mots me parlent tellement j'ai l'impression de revivre un peu mon arrivee a lagos il y a qqes annees...

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    1. Ha je me doutais que ce texte te toucherait aussi ! J'en suis ravie ! ;-) Toutes les expatriations ont quelques points en communs, surtout quand elles se situent en Afrique !

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  3. J'aime beaucoup ta façon d'écrire! Merci de m'avoir fait découvrir ton blog! et par dessus tout, je rêve d'avoir un bébé roux!!!!!

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    1. Merci beaucoup Marine ! Alors par contre, pour le bébé roux, je n'ai pas la recette, c'était une vraie surprise. Un jour, pendant ma grossesse, entre le premier mois et le neuvième, j'ai dis à mon homme "hey tu imagines si elle était rousse !?".
      Et voilà, Elle est rousse.

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  4. Bonjour,
    Merci pour ce si joli texte, truffé de ces magnifiques emotions d'expatriation !
    Nous partons l'ete prochain pour Djibouti, Amour, bb bonheur et moi-meme. Bonheur aura 9 mois, auriez vous quelques conseils des choses a surtout ne pas oublier?
    Toutes nos meilleurs voeux pour cette nouvelle annee

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    1. Bonjour Margaux, Tout d'abord, bonne année 2017 à vous. Et félicitations pour Bébé Bonheur, ainsi que votre future expatriation à DJibouti.

      Les indispensables pour bébé et que vous ne trouverez pas forcément là-bas, ce sont les produits de toilettes (Liniment, ...) donc n'hésitez pas à en prévoir plusieurs d'avance. Et puis essayer de prévoir les joujous dont il pourrait avoir besoin même un peu à l'avance car ça coûte cher là-bas. Il y a néanmoins un magasin Chicco qui est très bien fournit (mais très cher...).

      N'hésitez pas à revenir vers moi si vous avez d'autres questions.

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  5. Bonjour Tsilia,

    Merci beaucoup pour votre gentille réponse.
    C'est noté :)
    Oserai-je encore vous demander quelle sorte de lait on trouve sur place? Si je peux passer BB Bonheur a ce lait gentiment en France, ca ferait une adaptation en moins la-bas ...

    Joli lundi

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    1. Moi je trouvais assez facilement la marque Blédilait. Par contre, attention, ma fille avait un RGO, nous sommes arrivé à Djibouti, elle avait 2 mois,et grand besoin d'un lait de croissance épaissit. J'aurais pris celui de Blédilait mais rupture de stock pendant 6 mois... Ce fut assez compliqué du coup ! Donc selon l'état de santé de votre BB Bonheur, pensez à amener du stock au cas ou. Pareil pour les médoc contre les poussées dentaire. Et je vous conseille de vous rapprocher de la Pédiatre (devenue une amie) Emma Acena. Elle est très compétente et saura vous conseiller sans dramatiser les choses.

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    2. Merci beaucoup pour ces conseils
      Mon fils souffre aussi de RGO, j'espère que la diversification aidera...

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